LE CONTE de TOTO ou LE CON de TOTO.
Selon les jours, les années, les avis…

Chapitre 1, INTRO
Lausanne, janvier 2012

– Hey, tchao, comment va? Rentre, ça fait trop plaisir! Tu vas bien mon pote?
– Ben ça va bien, je vais pas me plaindre, et toi?
– Ecoute moi non plus, je vais pas me plaindre, le boulot ça va, j’adore ma femme. Et mes enfants, t’oublies, ils me donnent toute l’énergie que me prend mon boulot.
– Ah oui, t’en as toujours deux ou t’a remis la compresse?
– Non, non, deux, ça suffit, ça donne du boulot…et ça coûte!
– Aha, eh oui, c’est p’têtre pour ça que j’en ai pas, ahaha.


– Tu vas bien t’y mettre un jour, j’espère. T’es toujours à fond dans la musique avec ta boîte de prod?
– On change pas une équipe qui gagne! Non sans rire, ça se passe pas si mal, j’ai chopé des groupes qui tuent mais bon, ça reste dur…
– Ah ouais? Pognon?
– Ben ouais, pognon, toujours pognon… Et toi, t’en es où point de vue boulot? Quel est ce boulot qui te prend pareillement de l’énergie?
– Oh tu sais, j’ai pas mal roulé ma bosse dans la finance, depuis 20 ans. Y’a un peu plus de 3 ans, j’ai pété un plomb. En pleine crise des subprime, je bossais pour UBS dans les produits structurés, j’ai merdé sur deux trois opérations et évidemment ils ont profité pour me larguer comme une merde.
– Tu rigoles?
– J’t’assure, ça dégoûte, après toutes ces années passées dans cte boîte.
– Et maintenant t’en es où?
– Ben après mon licenciement, j’ai fait une sorte de burn-out.
– Connais pas, touchons du bois (sourire), t’as vécu ça comment?
– Ben tu regardes le plafond et t’attends que ça se passe… Le plus gros problème, c’est que les enfants ne voient pas ton état. C’est sûrement eux qui m’ont donné le coup de pied au cul pour aller retrouver du taff. En tout cas, c’est ce que j’ai fait. J’ai été rechercher du boulot et j’en ai retrouvé. Ca va faire maintenant 3 ans que je bosse au DEV.
– C’est quoi ce truc?
– C’est du lourd mon gars (sourire), c’est le bureau qui s’occupe du développement du canton de Vaud, c’est à dire le bureau qui fait la promotion du canton de Vaud pour les entreprises étrangères désireuses de s’implanter en Suisse.
– Excellent, bravo, ça doit être super intéressant comme truc, tu rencontres plein de gens de partout dans le monde, j’imagine que tu voyages beaucoup et tout?
– T’as raison, c’est bien pour tout ça. Les deux premières années, j’avais la grande motiv, à fond les manettes, et pis depuis six mois une année…
– Je comprends pas y a quoi?
– J’ai un coup de blues mec, j’ai peur de devoir regarder le plafond pendant quelques mois, ça me tue!
– Mais arrête tes conneries, tu rigoles? Ils te surchargent de job comme une mule?
– Non c’est autre chose qui me pèse mec, et personne n’en parle… mais j’ai pas trop envie d’en parler, pour une fois qu’on se voit.
– Mais putain, dis-moi!!!
– C’est juste que j’ai réalisé que le canton de Vaud va droit dans le mur!
– Dans le mur? Tu déconnes! Tous les jours on nous dit que le PIB vaudois explose, champion suisse et tout…
– T’as pas compris je crois, faut oublier le PIB mon gars, c’est le BNB qui compte maintenant pour le vaudois, et le BNB vaudois est en chute libre depuis 10 ans, plein de signes le montrent.
– C’est quoi ton BNB? Un biscuit au chocolat?
– T’es con, tu connais pas? C’est une monnaie du royaume du Bhoutan, c’est le Bonheur National Brut. Mais j’tai dit, je veux pas me lancer là dedans. Parlons d’autre chose, de plus rigolo, stp…

– Ah oui au fait, t’as vu le dernier coup de Toto?

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