CHAPITRE 2, Chailly
Lausanne,le 23 janvier 2012

….(suite)

-Tu parles de son truc parti de rien là ? Ouais c’était dur de le louper, je l’ai même écouté à la soupe hier. Il a pas dit que des conneries (sourire).
-Non loin de là, il a encore réussi à m’étonner ce con là. Au fait tu le connais bien ?
-Ecoute, quand même, je l’ai rencontré il y a 5 ans. Il est venu sponsoriser un festival ou je faisais un peu de prod comme bénévole, et de fil en aiguille on s’est lié d’amitiés. Je sais pas trop de son passé, comment il s’est fait, tout ça. Pour en revenir à son histoire de parti de rien, il a quand même du courage, dans le sens qu’ils vont lui chercher des merdes jusqu’à la maternelle.
-Tiens c’est marrant que tu me parles de maternelle ?
-Ah ouais, pourquoi ?


-Parce que c’est depuis l’école enfantine que je connais Toto ! J’avais 6 ans !Tu te rends compte ? Et on s’est jamais perdu de vue même si il y a eut, évidemment, quelques breaks pendant cette longue période, t’imagines…. On est toujours restés très proches sans avoir besoin de se voir tout le temps, une amitié qui dure, quoi.
-Ah oui putain, tu le connais depuis un bail alors,. Au fait t’as pas une bière ?
-Excuse,c’est clair, y en a même deux-trois. Attends je vais les chercher.
(Revenant avec un sixpack) Au fait tu veux que je t’en parle un peu , ça me rappellera deux-trois bons souvenirs ?
-Avec plaisir, vas –y mon pote je t’écoute, et en plus ça m’intéresse !

-J’ai connu Toto quand j’avais 7 ans, au Riolet…
-Riz au lait ?? T’en fais un beau de riz au lait, ahahah !
-T’es con, Le Riolet c’était une petite école entre Chailly village et la Rosiaz. Y avait des tout petits et pis des moins petits, genre 9-10 ans. En fait c’était l’école primaire, quoi. Du genre quand tu l’as finie, tu peux direct aller au collège, c’était assez simple le système.
Toto, il habitait au chemin de la Coudrette, comme moi. C’était trop cool, on se voyait toute la journée à l’école, toute la journée après l’école et des fois même la nuit, on allait trop souvent dormir l’un chez l’autre, bref on se kiffait .
En plus on s’était mis dans la même patrouille à la brigade de Sauvabelin, patrouille des rennes , troupe de Chandelar, rennes va…..illant! ahahah
C’est là qu’on a fait les apprentis voyous, genre fumer sa première clope, foutre le feu à une botte de paille, coller son oreille sur une voie de chemin de fer, bref on déconnait bien.
Mis à part ça, les éclaireurs c’était le top, quatre fois par année tu partais en pleine nature, ouais, une bonne école de la vie, comme on dit chez nous (sourire).
Je le trouvais cool Toto. Bon il frimait pas mal quand il chantonnait des chansons des beatles ou des Doors avec ses longs cheveux blonds. A l’époque, c’était pas trop le style d’avoir les cheveux longs, disons pas le style de l’école quoi. Si tu veux, ça faisait style mais personne le faisait !
Faut dire qu’c’était trop facile pour lui, il était le cadet de 5, ses 4 frères et sœurs lui avaient ouvert une autoroute devant lui, un vrai billard, trop facile.
Je crois même qu’il avait chopé une année d’avance avec sa frangine, à force de l’accompagner à l’école enfantine quand il avait même pas l’âge.
Ils allaient souvent en Valais voir la famille, avec leur chien, euhheuhh, comment déjà ?
– Comment quoi ?
– Ben le,nom du chien,hmmm T T éé,.euuhh Théodore, putain, j’ai trouvé, Théodore. J’adorais ce chien, un petit batard tout roux, le roi des bons types, il les suivaient partout, en vacances, à ski, partout, il était top.
Un jour, les parents à Toto ont décidé de déménager, dans un bled dans les hauts de Lausanne. Quand il m’a dit le nom, je savais même pas que ça existait, Epalinges. On s’est bien foutu de sa gueule et on lui disait non-stop Epalinges, pince à linges, le gag à deux balles, mais quand t’es mioche t’es mort de rire…
Mais bon, c’était super triste, du jour au lendemain, on s’est plus vu ! Ca m’a rendu malade !

-C’est fou comme un déménagement peut changer une vie, tu vois un pote tous les jours, tout le temps et hop, c’est fini !… Dans mon job, je vois que ça, des mecs qui déménagent. Pour les entreprises on dit qu’elles délocalisent, mais en fait, pour les personnes, elles déménagent, et ça doit être dur quand même, surtout pour les gamins.
-T’exagères! Ils doivent y trouver leur compte, en tout cas j’espère.

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