Le conte de Toto ou le con de Toto, selon les jours, les années, les avis.

CHAPITRE 6 : Etudes et au boulot!
(…suite)

– Eh oui, on a les 2 passés notre bac ! Moi, je me suis direct inscrit en médecine.
– Et Toto ?
– Lui il a pris une année sabbatique, il voulait voyager. Il a fait des petits boulots, économisé et il s’est tiré avec un pote pour un long voyage : d’abord à New York, son rêve, puis la traversée dans un bus Greyhound jusqu’à L.A., 58 heures de bus dans des paysages de fous ! Deux mois aux States et, loin pour le Mexique, par la basse Californie. Redeux mois au Mexique puis descente jusqu’au Panama et avion jusqu’à Caracas. Les salauds, ils se sont faits tous les pays d’Amérique centrale, enfin ceux où ils pouvaient rentrer.
– Rentrer ?


– Ouais rentrer. Les frontières avec le Guatemala et le San Salvador étaient fermées. Tu vois, ils ont débarqué en Amérique centrale printemps 82, les sandinistes étaient au pouvoir depuis un peu plus de 2 ans avec Ortega. Ca a rendu un peu parano les ricains et Reagan a mis le paquet. Il a financé les dictateurs des pays voisins contre toute éventualité de voir un autre pays basculé à gauche. Il a aussi financé les Contras qui sapaient la révolution sandiniste. Donc y avait des guerres un peu partout dans la région…
– Tu disais Ortega, le père du président actuel du Nicaragua ?
– Non, Daniel, lui-même ! Il a une peau d’éléphant le con, 30 ans après, toujours là, sans le treillis !
C’est le pote à Chavez, Fidel et Evo.
– Donc il a adoré son voyage ? Qui ne l’aurait pas fait ?
– Evidemment, il a adoré les States, appris ses premiers mots d’espagnol au Mexique, il avait été marqué par le Nicaragua…
– Dans le dos au fer rouge avec un « no passaran » ?! Ahahah
– Non par l’hospitalité hors du commun de la population, alors qu’ils souffraient d’un boycott.
Il avait particulièrement apprécié le calme du Costa Rica, o’u il n’y avait pas d’armée. En fait le Costa Rica était sous protectorat américain, ceux qui assuraient la sécurité dans le pays étaient les vendeurs de Banane américains ! Mais bon, il avait été choqué en visitant les champs de bananes, par le traitement des employés dans ces monocultures intensives, tant au niveau des salaires que de tous les produits nocifs qu’ils devaient bouffer…
– Arrête, ici c’est pas mieux !(sourire). Et après ce voyage alors, il a fait quoi ?
– Je l’ai moins vu les années suivantes. Il avait trouvé un apart à 160.- par mois à la Palud ! C’était encore possible ! Finalement,il a opté pour faire HEC à Lausanne. Il voulait pas rester trop longtemps à l’uni, HEC durait 3 ans. Il s’est planté en deuxième, donc l’a fait en 4 , et a eu son diplôme en 86. Je crois bien que c’est début 87 qu’il a trouvé un job chez le roi d’la brik ?
– Tetra ? Dans une multi ? Lui qui…
– Lui qui eh oui, après 4 ans d’HEC, il ne voyait aucun inconvénient à ça. En plus il avait été charmé par l’ambiance scandinave de Tetra, son site, son immeuble, ses balades à midi sur les quais d’Ouchy. Je crois qu’il a bien aimé cette période, il a même fait un stage de deux mois à Madrid dans une filiale. C’est depuis qu’il se démerde en espagnol. Du reste c’est en Espagne ,que l’idée luis est venue de quitter Tetra Pak.
-C’est clair que quand tu comprends pas tout ce qui se dit, t’as le temps de penser à autre chose, genre à démissionner, ahahahh.
– T’es con(sourire). En fait il était pas fait pour une carrière planifiée sur 10-15 ans et c’étaient un peu les conditions cadres pour arriver à des postes à responsabilité dans une boîte de cette dimension. Donc il a arrêté et il a rejoint sa sœur,Babette, avec Patrick, le fondateur de Maniak, un mec avec un humour hors du commun. Fifi avait rejoint l’équipe avant et Toto les a tous rejoint : tu vois le genre de discussions pendant les repas de famille,ahahahahh !
– Mais tu veux il a rejoint la boutique Maniak ?
-Non la marque d’habits Maniak, avant que la boutique existe. Babette et Patrick avaient créé la marque et ils la distribuaient en Suisse. A Lausanne, c’était chez Claro que t’en trouvais, y en avait plein… Claro que si, c’était la boutique branchée de Lausanne, avec Nicole,Angelo et après, David.
– Donc il a fait quoi, le tour de la suisse à vendre des fringues Maniak ?
– Et non, décidément(sourire) ! Il a fait le tour de Suisse avec des pompes. Grâce à sa sœur il avait pu rentrer dans le business de la fripe et grâce à Patrick, il avait un réseau à qui vendre ses pompes !
C’était le début de 2 mouvements musicaux: le Hip Hop et la musique éléctro. En électro, Yello et Stéphane Eicher ,avec son groupe Grauzone, étaient à la pointe. Quand il a commencé à vendre ses pompes, il a eu un « coup de bol » : une commande de 600 paires à Zürich, chez Blondino.
– Et Il a fait comment pour payer ses 600 paires ? Il est quand même pas parti de rien ?
– Si de rien, il est parti de rien, en fait presque « de rien ». Sa mère, trop cool, l’a aidé tant bien que mal, avec 10’000 balles. Et lui, deux ans auparavant, il avait acheté des warrants japonais avec 6’000 francs, en fait tout ce qu’il avait économisé chez Tetra !
– Ca ressemble à quoi les warrants japonais? Ca a la gueule des iguanes des Galapagos, mais en plus bridés ?

Suite demain…

Publicités