Le conte de Toto ou le con de Toto, selon les jours, les années, les avis.

CHAPITRE 12 : La Suisse, y en a point comme nous!
(…suite)

-C’est clair qu’on est les champions, une fois de plus la Suisse s’en est mieux sortie que les autres. Elle a été bien secouée par la crise des subprime. Crédit Suisse et UBS étant devenues tellement énormes, leur implication dans la crise des subprime a secoué toute la Suisse. Le concept too big to fail résume cette situation. On a été obligé de les soutenir, trop gros!
Heureusement la Suisse a d’autres champions du monde, hormis les banques. On a évidemment Nestlé, Novartis et Roche qui sont dans le top du top, mais les autres aussi. Holcim, le king mondial du ciment, Adecco, Givaudan, Swiss Re, tous des champions dans leur catégorie…et tous les autres. Pour un si petit pays, c’est juste incroyable !

Et j’allais oublier Swatch, le champion toute catégorie, fer de lance de l’horlogerie suisse qui cartonne grave, encore plus 20% en 2011, pour l’ensemble de la branche. Et avec une production à 95% en Suisse, Hayek avait, a et aura tout compris, c’est un visionnaire ! Faut dire que l’horlogerie profite des milliers de nouveaux millionnaires asiatiques chaque année. Ils veulent tous leur Rolex…Et après la Rolex, ça sera le forfait fiscal qu’ils demanderont aux suisses, ahahah !
Toujours est-il que ces groupes de la réelle économie ont facilité le passage de la crise, mais, dans cette période agitée, tout a changé pour la Suisse, rien ne sera plus jamais comme avant.
– Alors grand manitou, c’est quoi qui a tant changé, le prix de l’espresso chez Nyffnegger?
– Ratamiaou toi-même, d’abord Nyff n’existe plus, c’est un Starbucks, et le café est à 5 balles…

Non c’est juste que pendant dans cette période de bulles, y a eu des gros pépins qui sont venus enrayer le symbole suisse de paradis des banques et du secret bancaire, l’histoire d’Ospel n’est qu’une petite partie de l’ensemble. Il faut savoir que la Suisse a une position de leader dans le monde dans la gestion de fortune privée, elle détient 25% du marché mondial de ce marché juteux.
– Putain c’est énorme !
– Et oui, énorme ! C’est donc normal que tout le monde aimerait avoir sa part du gâteau, et c’est justement leur part de gâteau que veulent les anglosaxons. C’est eux qui font subir à la Suisse d’énormes pressions depuis des années. Des pressions que la Suisse gère à chaque fois dans la panique, la débâcle, la précipitation, sans réflexion… !
Toujours la même chose, une bonne dose d’arrogance des banquiers pour noyer le poisson, une foi infaillible au système et aux lois suisses, puis une énorme pression d’un pays bien plus puissant…et une défaite dans la panique !
– Tu veux parler du secret bancaire ?
– En fait ça a commencé bien avant, en 95 avec l’histoire des fonds en déshérence .
Les banques suisses n’avaient jamais réglé le problème des fonds en déshérence des victimes des nazis. Elles avaient toujours eu cette attitude de ne rien dire, de cacher. Des familles de victimes de l’holocauste portèrent plainte, avec l’aide des meilleurs avocats de New York. Les banquiers suisses sont restés sourds. Ils ont dit que ces fonds se montaient à 38 millions de francs. Les politiques, eux, dénonçaient un chantage. L’apogée a été atteinte quand Robert Studer, big boss de l’UBS, a parlé de « peanuts » en parlant du montant total des fonds en déshérence ! Quel con, quel tocard ! Du coup, les banques Suisses et la confédération furent mis à une telle pression, qu’à la fin d’une longue et pénible procédure, les 38 millions proposés par les banquiers suisses se transformèrent en 1,25 milliards à payer en 1998, suite aux conclusions de la commission Volker de la Fed.
– C’est aussi ça de vouloir tout planquer, au final tu looses, sous la pression !
– Ehh oui ! Quand les rapports de force sont si énormes, il faut toujours privilégier la négociation ferme mais être conscients des conséquences que ça peut entraîner. Du reste ce ne sont pas les 1,25 milliards qui ont fait des dégâts à la Suisse, c’est bien pire, c’est l’image des banques suisses qui en a pris un coup avec cette histoire. Donc l’image de la Suisse toute entière. Et l’image,ça n’a pas de prix, contrairement aux peanuts…
– Et oui fini Heidi ! Du coup, c’est une image d’un rongeur arrogant que tu chopes, ça va vite des fois !
– Depuis cette affaire, les ricains ont beaucoup plus ouvert l’œil sur les banques suisses. C’était d’autant plus facile de les avoir à l’œil, que voulant jouer dans la cour des grands, elles s’étaient développées aux Etats Unis, y avait donc qu’à ouvrir la fenêtre pour les voir jouer dans la cour !
Et puis la crise des subprime est arrivée. Ospel a démissionné en été 2008 et l’Etat américain, les caisses plus vides que vides, a mis le turbo pour récupérer tout ce qu’il pouvait récupérer aux mecs qui planquaient quelque chose . Une nouvelle chasse aux sorcières ! Ca a débuté sérieusement en 2008 et ça s’intensifie chaque jour.
Les banques suisses ont été particulièrement visées et le sont comme tu peux le voir tous les jours dans le journal, la chasse est ouverte !
Et le début de cette chasse a commencé il y a trois ans contre UBS qui avait des pratiques plus que limite avec les lois américaines. Un gars s’est fait choper et a tout déballé au fisc américain. Il a fini au clou et la Suisse…en chocolat ! C’est avec cette histoire qu’une page historique de la Suisse s’est tournée : LE SECRET BANCAIRE A FINI D’EXISTER !
En effet, après des mois sous une pression acharnée des Etats Unis qui menaçaient d’interdire la licence d’UBS sur leur sol, et donc de mettre en faillite l’UBS, la gouvernement Suisse a lâché et a autorisé le transfert de données concernant des milliers de citoyens américains, la honte ! Le secret bancaire à la mode suisse était mort… et la chasse aux fraudeurs ouverte !
– La boucle est bouclée !
– Ben comme tu dis (sourire). Et maintenant, on est en janvier 2012, on continue à subir tous les jours les conséquences de tout ça. Tous les jours, notre image est mise à mal dans la presse internationale, l’affaire Hildebrand n’a fait qu’augmenter la mauvaise image de la suisse et de son système bancaire vu de l’étranger…
– Quand tu dis tous les jours, t’exagères ?

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