Le conte de Toto ou le con de Toto, selon les jours, les années, les avis.

Chapitre 19 : Entreprises : Small is beautiful !

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– Je veux pas insister mais j’ai dit PE. Il faut miser sur les Petites Entreprises qui débutent, plus on soutiendra de petites sociétés à se créer, plus il y aura de chances de succès sur le nombre. Cela fait des décennies que la globalisation ne fait que de créer des entités toujours plus grosses, dans tous les domaines. Le système montre ses limites avec tous ces oligopoles qui se créent et qui freinent la concurrence, donc la créativité.
Il est plus urgent que jamais de redynamiser notre économie par un soutien massif aux PE.
Le plus important est de ne plus exclure telle ou telle catégorie de métiers d’entreprise. Le canton a besoin de champions dans toutes les catégories et pas seulement dans certains domaines comme la technologie et la pharma. Il faut arrêter de penser qu’il faille sortir de l’EPFL pour oser obtenir une aide étatique. On doit créer des champions dans tous les métiers !


– Oui c’est sûr que les métiers d’industrie, de technologie et de pharma sont privilégiés par rapport à tous les autres corps de métier.Ils peuvent obtenir pas mal d’aides au SELT, au Service de promotion économique du canton, dans mon département. La plus grosse aide est le cautionnement qui permet à une nouvelle société d’obtenir des crédits à une banque. Sinon, il y a des aides ponctuelles de 5’000 à 30’000, pour diverses raisons.
– Oui je sais, autant dire des peanuts si tu veux commencer un business en technologie. C’est là que toute la promotion est à revoir : de nombreux métiers qui ne touchent pas d’aide seraient plus que satisfaits de toucher 30’000 francs d’aide pour débuter un business, j’en sais quelque chose…
Par contre, 30’000 balles pour une boîte de technologie, c’est rien, c’est la paie d’un ingénieur pendant 4 mois, et après… après, certains sont vite aspirés par les grandes entreprises qui les repèrent. Et ceux qui veulent vraiment créer leur petite entreprise, ils morflent, pour beaucoup.
– Alors que proposes-tu pour favoriser ces petites entreprises technologiques, leur donner plus d’argent ?
– Non du travail ! Les collectivités vaudoises et les grands groupes doivent plus s’engager à faire travailler des nouvelles entreprises qui sortent de nos grandes écoles. Il faut leur donner du travail pour qu’ils existent, qu’ils se développent en restant indépendant,en gardant leur créativité. Avec une base de travail, ils peuvent vivre et se développer. C’est primordial, cette histoire de travail pour les entreprises de technologie.
Le grand génie de Zuckerberg, ce n’es pas d’avoir créé Facebook, ils étaient nombreux sur le coup. C’est de ne s’être pas vendu à Apple, Google, ou Microsoft il y a 5 ans pour 100 millions de dollars. Facebook va rentrer en bourse avec une valorisation à 100 milliards, des milliers de jobs créés, une créativité folle et un nouveau venu dans le monde des géants de la communication. Zuckerberg est parti de rien, tout seul dans sa chambre, comme des milliers d’entrepreneurs, comme Steve Jobs dans son garage, comme Bill Gates ou plus près de chez nous comme Henri Nestlé. Henri Nestlé était allemand, de Francfort. Il avait une formation d’apprenti pharmacien,il a quitté l’Allemagne en 1843, à 18 ans, pour des raisons politiques et il est arrivé à Vevey, pour travailler dans une pharmacie. Il a fait ses premières expériences dans un petit laboratoire bricolé pour fabriquer du vinaigre et de la poudre d’os. C’était un vrai entrepreneur, il touchait à tout.Un siècle plus tard, Nestlé est devenu le numéro un de l’alimentaire mondial. Et des exemples comme celui-là, y en a à la pelle…Toutes les grosses boîtes sont parties de rien !
– Mais revenons à nos PE suisses, en dehors de ces métiers déjà privilégiés. Tu voudrais donc ouvrir la possibilité d’obtenir des aides pour tous les corps de métier ?
– Mais oui, tout à fait, aider à créer des entreprises dans toutes les catégories, du boulanger au ferblantier en passant par le marchand de sape ,le comptable, l’auto école, l’assureur, l’architecte, l’agence de pub, le graphiste, la maison de prod pour artistes…
– Eeeehh les gars, ça me réveille, vous parlez de moi là avec la maison de prod, ahahah. Alors là , je vous confirme, j’en ai jamais eu d’aide cantonale pour ma boîte et c’est pas faute d’avoir demandé. Mais bon, l’Etat ne peut pas aider toutes les boîtes de prod comme la mienne quand même, tu verrais comment l’attribution des aides, parce que tu te rends compte, ça ferait énormément de boulot, donc ça coûterait de l’argent…
– Ben avant de parler de ce qu’il faut faire, prenons un exemple de ce qu’il ne faut absolument pas faire, vous avez entendu parlé de City Management ?
– Oui, c’était pas un truc pour soutenir les commerçants lausannois ?
– Tout à fait, c’était du moins le but de l’opération. Mais dans la réalité, c’était une taxe supplémentaire à payer pour tous les commerçants pour financer le fonctionnement de cet organisme et des événements organisés, du genre les chameaux et la crèche vivante pendant la période de Noel… En fait des trucs qui ne changent rien à la situation des commerçants, du fric jeté par la fenêtre. Ce City Management avait reçu l’aval de l’ensemble de la classe politique et a reçu un rejet général de l’ensemble des commerçants ! L’échec total ! City Management a donc disparu aussi vite qu’il est apparu. La plus grande erreur est d’avoir employé une équipe qui n’avait pas d’expérience dans le marché de détail et surtout de n’avoir à aucun moment consulté les commerçants pour leur demander leurs préoccupations.Cette histoire, c’est un cas d’école d’une aide voulue et donnée par l’Etat qui a complètement foiré et coûté pas mal de blé. Il ne faut pas oublier qu’avec un million d’aide, tu permets à 20 entreprises de se créer !
– Donc comment tu ferais pour attribuer tes aides à ces PE ?

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