Le conte de Toto ou le con de Toto, selon les jours, les années, les avis.
…suite

Chapitre 27. Sweet Sweet Garden!

-Tu sais que c’était pour un truc écolo que je me suis engagé politiquement pour la première fois ? C’était pour marquer mon opposition à l’importation de déchets pour l’usine Tridel, à la Sallaz.
– Ah ouais, ça me rappelle quelque chose, tu maillais pourquoi en fait, je me souviens plus très bien.


– Ben juste contre le fait que Tridel a été conçue beaucoup trop grande, les déchets du Canton de Vaud ne lui suffisent pas, il faut en faire venir de l’étranger ou de différents grossistes en Suisse allemande. Tridel, c’est un ogre à qui il faut donner 180’000 tonnes de déchets à bouffer chaque année. La Satom à Monthey a aussi été conçue beaucoup trop grande, c’est elle qui brûle les déchets du Chablais. Je n’ai jamais compris comment on pouvait faire venir des déchets jusqu’au centre de Lausanne pour les brûler et je ne comprendrai jamais. Le pire, c’est ce qui reste au fon du four après l’incinération, environ 25% du total, les scories. on les enterre à Roche,près de Aigle, soi disant en lieu sûr. C’est une vraie bombe à retardement, c’est hyper toxique !
– Et t’as arrêté de militer contre Tridel ?
– Ben je me suis retrouvé contre un front uni de tous les partis politiques qui défendaient tous Tridel. Donc c’était un peu difficile, j’ai fait une pétition qui a récolté 2’000 signatures mais ça n’a rien donné. Donc j’ai un peu oublié l’histoire. Mais ce qui me saoule, c’est que maintenant j’y pense plusieurs fois par semaine.
– Ah ouais pourquoi ?
– Parc qu’avec le détournement de la place de la Sallaz, tu passes à moins de 50 mètres du monstre, ça fout les boules. D’abord t’es triste en passant devant la place de la Sallaz déserte et après t’as les boules en pensant aux dizaines de milliers de tonnes qu’on fait venir à Lausanne d’ailleurs du Canton.
– Ah oui les pauvres commerçants de la place de la Sallaz !
– Arrête j’ai été les voir et parler avec eux, c’est la catastrophe, des baisses de 30-50% de chiffre d’affaires et ça va durer minimum trois ans, assez de temps pour disparaître, quel gâchis !

– Et à part tes histoires de déchets t’as quoi à proposer dans la mouvance écolo ?
– Tu sais, depuis que j’ai ma propre maison et mon petit lopin de terre, ma vie a changé !
– Quoi, t’es le roi des bobos dans ton bled de bobos avec ta piscine de bobo?
– Ca doit être ça, ahahah. Mais t’as juste oublié un truc : avec ton potager de bobo !Je suis devenu accro à mon potager les gars, un truc de fou. C’est mon seul sport en été : jardinage, plantage, binage, débroussaillage, plantage, cueillette… Je plante et je bouffe mes propres légumes, allez y dites moi le nom d’un légume ?
– Topinambour, t’en as planté ?
– Salop, j’ai jamais planté de topinambours mais tous les autres légumes possibles ! C’est pas dur, de fin mars à début de novembre, on n’achète ni fruits ni légumes, on récolte au fur et à mesure ce que le jardin produit. La seule règle qu’on a pour le potager c’est de n’employer ni pesticides, ni engrais chimiques. Que du bio ! Bon, on a de la chance de pouvoir avoir un jardin.
– Ben ouais, t’es privilégié, t’as ta baraque, ton pt’it potager et tout, mais pour les autres qui vivent en appartement, soit la majorité ?
– C’est clair, pas tout le monde peut se le permettre, mais il y a des solutions. D’abord pour quelqu’un qui veut bien manger, il y a beaucoup de possibilités maintenant. Le plus sympa est d’aller au marché et de choisir tes produits, mais pour ceux qui ont pas le temps, il y des plein de sites qui te permettent de commander des produits qui viennent directement des agriculteurs, bio ou non. Certains t’amènent un panier de fruits et légumes par semaine, d’autres te livrent ce que tu commandes. C’est top !
Sinon il y des producteurs qui organisent des marchés à la ferme, tu peux parler avec eux de chaque produit et être rassuré quant à l’emploi de pesticides ou engrais.
– Et pour ceux qui veulent vraiment jardiner, il leur reste les cabanons au bord des autoroutes !
– C’est justement ça qu’il faut changer : arrêter de dénigrer ces espaces de jardinage en leur attribuant les pires endroits. C’est tellement cool de pouvoir planter qqch, de le voir pousser et de le récolter, c’est une école de la vie. C’est quand tu vois la beauté de la nature que tu deviens écolo, c’est trop beau, une fleur de courge, une betterave, une tomate qui poussent…
– Hey reste avec nous !
– T’en fais pas je suis là. Ce que je veux dire c’est qu’il faut que chaque commune vaudoise mette à disposition dans la mesure du possible des terrains pour que les particuliers puissent jouir de jardiner. Avec pour seule condition : pas d’engrais chimique ni pesticide. La majorité des communes ont des terrains non constructibles, qu’elles les mettent à disposition pour le jardinage !
– Ecoute, moi j’ai ni le temps ni l’envie de jardiner.
– Je comprends tout à fait, mais laissons la possibilité à ceux qui ont envie de pouvoir le faire, ça ne coûte rien en plus, de la terre à disposition, c’est tout ! Quand t’as planté quelque chose toi même, ton rapport avec la bouffe et l’écologie est transformé, c’est pour moi le meilleur moyen éducatif pour rendre les gens plus respectueux de la nature. Et la nature c’est tout ce qu’il y a de plus beau !
Ce qui m’attriste le plus dans le développement accéléré du canton de Vaud, c’est que chaque année disparaissent des dizaines voir des centaines d’hectares sous le béton, à jamais !
– T’en pense quoi de tout ce bétonnage de La Côte au fait ?

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