Le conte de Toto ou le con de Toto, selon les jours, les années, les avis.
…suite

CHAPITRE 31 : Toto pourcent culturel.

– Ecoute, mon soutien à la culture est étrangement lié à mon soutien aux petites entreprises, si tu vois ce que je veux dire.
– Euh, non ?
– C’est à dire que je choisis toujours des événements culturels qui sont petits, qui ont de la peine à tourner ou qui ont un passage difficile. C’est ce qui c’est passé avec le For Noise Festival à Pully, ils avaient des problèmes financiers après 3 années pluvieuses, ils hésitaient à arrêter. Je suis alors devenu le sponsor principal et suis maintenant dans le comité du festival et tout va bien. Les comptes sont assainis et on a pu compter sur 3 années de beau. Faut dire que pour le For Noise, j’ai eu un coup de cœur : autant pour le festival dans son cadre idyllique et pour sa dimension que pour toute l’équipe du comité. Il y a Christophe et Anne, les tenanciers du Grancy et du St Pierre à Lausanne, Olivier le président du festival, le mec d’Anne, Stéph, la sœur d’Olivier et Anya, la programmatrice qui cartonne.


– C’est une petite famille !
– C’est une petite entreprise…qui est partie de rien. Figure toi que toute cette équipe venait tout le temps au café des Artisans, le café que j’avais repris en 95 avec mon père, c’est à cette époque que quelques uns d’entre eux ont ouvert l’Abraxas à Pully, qui n’est rien d’autre que l’ancêtre du For Noise. Hey au fait, vous savez pas quoi à propos des Artisans ?
– Ben non, t’es con ?
– C’est génial, je suis trop content : Amaya, Iggy et leur mère du fameux Byblos vont reprendre le bar double Z à la rue Centrale et vont le rebaptiser le Café des Artisans !!! Quels souvenirs ! Du reste en 95 Amaya, gamine, bossait déjà au Byblos, j’adore cette famille, eux aussi, c’est une petite entreprise. En tout cas, je suis ému qu’ils reprennent l’endroit et le nom Café des Artisans, mon père sûrement aussi, là haut…
Que de bons souvenirs aux Artisans avec les gros autocollants sur les fenêtres « pic nic autorisé » et le soir, tout le monde qui dansait sur les tables avec Pepe Secco aux platines et ses perles de funk… Secco, c’était sa maison, c’était chez lui, c’était un vrai DJ résident, il avait une piaule à l’étage du reste, ahahahahah !!
– Et ils vont rouvrir quand ces Artisans ?
– Tout soudain, à la mi mars, après les élections, on pourra fêter ma victoire, ahah…
– Et tu soutiens quoi encore comme événements à part le For Noise ?
– Et bien, ça doit faire 5-6 ans que je soutiens une jeune équipe qui a monté un super festival à Lausanne, ça s’appelle Electrosanne. Là aussi, c’était une question de coup de cœur, Gallien et Bautista sont des mecs en or qui font plein de chose pour la culture musicale, et eux aussi, ils sont partis de rien. Du reste ils ont galéré et ont longtemps été déficitaires, c’est pourquoi je les ai aidé, on est le sponsor principal. De fil en aiguille, on est devenu assez proches et on collabore, je les aide à trouver d’autres sponsors avec mes relations, comme pour le For Noise du reste.
Sinon, je sponsorise des événements comme « Au delà des préjugés » de José De Santos depuis dix ans, spectacle et concours de danses hip hop.
– Et des artistes directement ?
– Ah oui, c’est clair, bon nombre de groupes de musique ou d’artistes comme des humoristes, aussi bien que des soirées, des événements particuliers comme les fêtes de la Cité ou La Nuit des Musées à Lausanne. Ca fait longtemps qu’il y a le pourcent culturel chez Pomp It Up, ahahah.
En fait depuis le début des magasin, il y a toujours eu beaucoup de musiciens qui bossaient ou qui gravitaient à Pomp It Up : Carlos et Rade de Sens Unik, Steeve et Christ de Guess what, Ratton et son groupe, plus tous les DJ’s, la liste est trop longue. Ce qui fait que j’ai toujours sponsorisé des événements liés à la musique.
– Et tu n’as jamais voulu de continuer dans la restauration après les Artisans ?
– Non, j’ai voulu me concentrer sur mon business, et la vie nocturne, c’est compliqué. Je n’ai pas eu envie de continuer même si j’en garde les meilleurs souvenirs. Mais indirectement j’y ai participé.
– Indirectement, t’as pris des participations dans des clubs ou dans des restos ?
– Non, j’ai juste prêté de l’argent à des gens qui n’avaient aucun autre moyen d’en trouver pour créer leur business, pour se rendre indépendants.
– Ah oui, c’était à qui, tu peux le dire ?
– Pas de problème, y a prescription (sourire), c’était à une amie, Caroline, qui avait ouvert au Flon un café qui s’appelait « Le Café Théâtre » avec sa mère. Ils ont un peu galéré et au final ils ont vendu, mais le lieu était super sympa, c’était une réussite. Sinon j’ai prêté de l’argent à un vieux pote pour réaliser son rêve, je pense que tu le connais aussi, c’est un personnage de Lausanne
– C’est qui ?
– C’est Ron, un des trois proprios du Loft, un nigérian qui bossait à la sécurité de la Dolce Vita il y a plus de vingt ans, comme videur. Il est parti de rien, comme moi, mais encore plus de rien !
Etant black, autant te dire que même après t’être totalement intégré à la Suisse pendant 25 ans, c’est toujours aussi dur de trouver de l’argent pour faire ton business. Il m’a donc emprunté de la thune il y a 5 ans et m’a tout remboursé, chapeau. C’est un mec génial à qui tu peux vraiment faire confiance, c’est un exemple, j’ai beaucoup de respect pour lui. Et la confiance, c’est la base de tout !

– Trop cool, ça fait plaisir pour lui. Sinon, on m’a dit que t’avais ouvert une galerie, c’est quoi cette histoire ?

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