Le conte de Toto ou le con de Toto, selon les jours, les années, les avis.
…suite

CHAPITRE 32 : Happy birthday démArt !

– Tu parles de démArt, c’est son anniversaire aujourd’hui, un an déjà ! On a inauguré l’endroit y a pile une année pour une expo stop UDC, démArt c’est la maison rose du Flon, en face de l’EJMA.
– Tiens j’y avais pas pensé, elle est aussi rose que ton T-shirt Plan-B sur l’affiche, décidément t’aimes bien le rose.
– C’est vrai j’aime bien le rose, c’est gai. J’ai des hortensias à la maison, quand ils fleurissent ils ont des dizaines de teintes de rose qui vont jusqu’au bleu en passant par le mauve, c’est superbe. Je les ai taillé hier, ils ont pas particulièrement aimé les moins 17 degrés mais ils s’en remettront, c’est robuste les hortensias.


– Comme toi ! T’as trop changé avec tes fleurs, ahahah. Alors démArt c’est quoi, ça vient d’où ?
– C’est le résultat d’un projet que j’avais depuis longtemps…et d’un combat aussi inutile que stérile avec la Ville.
– Ah ouais ?
– Ca faisait plus de dix ans que je louais de vieux locaux au Flon sans les utiliser vraiment si ce n’est pour entreposer de la merde… On trouvait ça trop dommage et on a commencé à rêver d’un projet, on a même fait une réunion dans les décombres avec Mix et Luz, mes deux potes dessinateurs.
Et bien le projet s’est finalement réalisé :c’est d’offrir un lieu d’exposition ouvert à ceux qui ne trouvent pas de lieux d’exposition parce qu’ils sont inconnus ou parce qu’ils débutent, c’est souvent lié. C’est pour ça que ça s’appelle démArt, y a un double sens : ça démarre et y a la possibilité d’exposer pour tous, d’où démArt, tu vois l’idée.
– Et t’arrives à t’occuper de ça en plus de tout le reste ?
– Je fais ça avec ma chérie, Virginie, on check les grandes lignes ensemble et en fait c’est elle qui s’occupe de tout, elle assure. Question événements, c’est un plus tranquille l’hiver car il n’y a pas de chauffage mais l’année passée, on a organisé une quinzaines d’expositions et d’events très différents les uns des autres : photos, sculpture, défilé de mode, mini concerts, de tout. L’endroit est magique, on a peint les murs intérieurs en blanc et le sol est rose framboise, c’est magnifique. Le petit plus du lieu est l’accès sur la forêt, derrière. Là, c’est incroyable, tu te crois au Chalet à Gobet alors que tu es au milieu du Flon. On a aménagé et dompté un minimum la nature, quelques meubles de jardin et l’affaire est belle. Petite raclette ou petit barbecue, t’es au paradis.
– Ca l’air trop bien, quel est le prochain événement ?
– C’est le week-end des élections, le 9 et 10 mars, il y a un festival de musique, ça s’appelle Inferno. C’est Fabrice de Head Strong qui est passionné de musique gothique, les concerts auront lieu aux docks mais il a prévu un happening à démArt avec une énorme sculpture, viens jeter un œil à cette occasion !
– Ben le gothique c’est pas mon truc mais je passe volontiers, il faut être ouvert (sourire). Déjà pour checker le local. Et cette histoire avec la ville et ce local, c’est quoi ?
– Oh écoute, ça m’embête d’en parler, c’était de la perte de temps et d’argent à tous les niveaux.
– Ah ouais pourquoi ?
– Bon en deux mots, le jour où j’ai parlé de mon projet à la ville, j’ai reçu en réponse de courrier de la ville la résiliation du bail du local, ça fait toujours plaisir… En fait ils prévoyaient autre chose et m’en avaient jamais parlé. Pour résumer, je me suis défendu pendant près de deux ans, j’ai fait opposition à la résiliation du bail, et j’ai posé plainte au tribunal administratif pour l’absence de mise à l’enquête.
Au final, au bout de deux ans, on s’est arrangé à l’amiable : je retirais mes plaintes et ils me laissaient les 2/3 du local, j’ai accepté. Et j’ai pas de regret : non seulement démArt existe mais nos voisins avec qui on se partage les locaux ont ouvert une petite salle de concert hyper cool nommée la Datcha.
– Ah oui, j’ai été voir le concert de Boubakar traoré l’automne passé, c’était génial.
– Ouais, c’est vraiment bien. En plus ces deux locaux sont les derniers locaux publics encore vierges de l’ancien flon, intacts, témoins de la friche industrielle et commerciale du Flon dans le passé. Ils pourraient être classés au patrimoine historique, ça doit être un des premiers immeubles qu’on faisait en béton dans les années 30-40, leur structure est superbe, à l’intérieur, on se croirait dans une église. C’est trop dommage qu’ils veulent les détruire, ça me fait mal au bide rien que d’y penser, ils vont niquer tout l’ouest du flon et raser cette forêt, c’est dramatique.
– Tu dis quoi ?
– C’est encore une histoire de fous dont Lausanne a souvent l’habitude : Ils veulent bloquer la route de Genève au niveau du Flon. Toutes les voitures qui viendront de la rue de Genève passeront donc devant la caserne des pompiers et monteront avec une rampe devant l’Ejma, bonjour l’ambiance pour les musiciens, pour arriver en haut vers le tribunal de Montbenon. C’est devant le Palace que ça va bouchonner sec au final, ça va être l’enfer.Ca me fait trop penser au détournement de la place de La Sallaz : on va changer pour faire pire, et ça coûte des dizaines de millions. Une raison de plus pour que les voitures désertent le centre ville et au final se rendent dans le centres commerciaux périphériques. A force de tout faire pour nuire aux voitures, tous les commerçants du centre ville vont en souffrir. Je suis pour les zones piétonnes mais il faut également un trafic fluide. Ces changements au Flon vont congestionner encore plus la ville, et le dernier bout d’esprit du flon originel sera définitevement détruit,c’est triste, ça me donne envie de chialer, vraiment…
– Allez déconne pas,tu peux rien faire contre ?

Publicités