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Voilà un mois que la page My Flon est ouverte. Nous avons beaucoup parlé des conséquences des travaux à venir en 2014, de nos oppositions et de nos propositions.
Dès aujourd’hui, nous commençons une rubrique estivale sur l’histoire du Flon, une histoire passionnante qui vous intéressera peut êtreEn passant dans le Flon de nos jours, il lest difficile de se rendre compte que Louis XIV et Louis XV ont eu une influence sur le destin de la vallée du Flon, et pourtant !

Un bref rappel historique est nécessaire :

1598 : Henri IV signe l’édit de Nantes qui garantit la liberté de culte aux protestants, après près de 40 ans de guerres de religion qui ont ravagé la France.

1685 : Louis XIV signe l’édit de Fontainebleau,c’est à dire la révocation de l’édit de Nantes. Le protestantisme est à nouveau interdit dans le royaume de France. S’en suit alors une période de persécutions qui conduit une partie des protestants à l’émigration et l’autre partie à une sorte de résistance passive.

1724 : Louis XV réitère la législation anti protestante, les persécutions continuent contre les protestants, elles dureront jusqu’à la révolution en 1789, avec l’adoption de la déclaration des droits de l’homme.

Voilà pour planter le décor…

Car c’est dans ces années de règne de Louis XV, plus précisément en 1740, que trois frères, Pierre, Jean et Antoine Mercier quittèrent la France comme beaucoup d’autres Huguenots pour venir sur les bords du Léman, à Genève ou dans le pays de Vaud, fuyant les persécutions dans leur pays.

Leur père était maître tanneur à Millau, dans l’Aveyron. Important centre de Tannerie et de mégisserie (traitement des cuirs), cette ville de l’Aveyron connut un essor continu dès le Moyen Age par le travail de la peau allant de l’élevage du mouton à la ganterie de peau en passant, actuellement encore, par tout objet en cuir et accessoire de luxe.

C’est donc tout naturellement que les trois frères Mercier, en arrivant à Lausanne, créèrent leur entreprise à Lausanne : la tannerie Mercier.

A Lausanne aussi, le cuir était la matière de base pour divers objets utiles aux travaux de la campagne, de l’industrie et de la fabrication des chaussures, des vêtements. Ayant une solide expérience du métier basée sur un engagement total dans le travail et un sens déjà très sélectif de la qualité du produit fini, les frères Mercier se firent rapide­ment connaître. Ils établirent bientôt des contacts commerciaux – achats et ventes de peaux – dépassant les limites de Lausanne.
Mais comme tanneurs, ils ne parviennent pas à se faire admettre dans les cercles qui comptent, la société de Bourg, aristocratique et cosmopolite, celle de la Cité, théologienne, professorale et plaideuse. Il faut dire que, juste à mi-chemin, mais en contrebas des deux quartiers, au bord du Flon à la place actuelle du du Rôtillon , la tannerie Mercier et ses odeurs irritaient les bourgeois de Lausanne, au propre comme au figuré…

C’est Pierre Mercier le premier directeur de la tannerie.
Pierre Mercier, l’un des 3 frères fondateurs.
Une circonstance d’importance enracina la famille Mercier dans le terroir vaudois : l’accès à la bourgeoisie de Lausanne de Pierre Mercier, en 1773, la naturalisation suisse.

Le deuxième directeur de la tannerie fut le fils de ainé de Pierre, appelé Jean Jacques premier, ou Jean Jacques Mercier-Déaux, du nom de sa femme. Il dirige la société jusqu’en 1827.
En 1827, Le 3e directeur de la tannerie fut tout naturellement l’ainé des quatre enfants de Jean-Jacques Mercier-Dréaux, un autre Jean Jacques, Jean-Jaques Mercier ll, ou Jean Jacques Mercier-Giegler, du nom de sa femme.

C’est lui, Jean Jacques Mercier ll, qui fit les premiers pas en politique vaudoise, promouvant l’église libre et commençant à diversifier les affaires familiales.

En un siècle de présence à Lausanne et 3 générations, les Mercier avaient alors développé leur tannerie de façon extraordinaire, bien au-delà de la Suisse.
Ils ont des bureaux dans plusieurs pays européens et sont réputés jusqu’aux Etats Unis où ils exportent leurs célèbres veaux cirés, utilisés pour les selles et les bottes des cow boys du far west.

Mais c’est le Jean Jacques Mercier suivant qui allait encore développer les affaires familiales, changer la destinée de Lausanne et de la vallée du Flon, Jean Jacques Mercier lll ou Jean Jacques Mercier-Marcel, évidemment fils ainé de Jean Jacques Mercier ll…
Chez les Mercier, les traditions, ç’est essentiel

Le prochain chapitre sera donc dédié à Jean Jacques Mercier lll , Jean Jacques Mercier-Marcel, un sérial-entrepreneur qui influença fortement la destinée de Lausanne et particulièrement celle du Flon. Il dirigea la tannerie Mercier de 1864 jusqu’en 1887, année où il quitta Lausanne.

A suivre, demain

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