969676_408323719286957_1377382864_nJean-Jacques Mercier lll est le fils ainé de Jean-Jacques Mercier ll de sept enfants.
Il est né en 1826, aux débuts de la révolution industrielle. Son arrière grand père avait fondé la tannerie Mercier 86 ans auparavant avec ses deux frères, c’est donc tout naturellement que Jean-Jacques Mercier lll se dirigea, en tant que fils ainé de la quatrième génération, vers le métier de tanneur.


Il partit faire ses preuves dans les tanneries d’Annonay et de Paris, puis regagna le business familial à Lausanne pour y travailler avec ses 4 frères, c’est en 1864 qu’il prend seul la direction de l’affaire familiale.

On a vu dans le premier chapitre que les Mercier, même devenus très riches par leur travail réputé dans une grande partie du monde, avaient de la peine à se faire acceptés dans la très bonne société lausannoise.
C’est Jean-Jacques Mercier lll qui remédia à cette situation, comme ça arrive souvent, par alliance, en épousant Laure Marcel, petite fille du célèbre chirurgien vaudois Mathias Mayor. En seconde noce il se maria à une jurassienne, Léona Marchand.

Mais si la famille Mercier était déjà riche quand il reprit la direction de la tannerie, Jean-Jacques Mercier lll allait la rendre encore plus prospère puisque vers 1900, la famille Mercier est devenue une des familles les plus riches de suisse romande et son épopée fait tout de suite penser aux pionniers de la révolution industrielle romands, telles la famille Sandoz et la famille Suchard.
C’est sous sa direction que la tannerie familiale est devenue un des fleurons de l’industrie vaudoise à cette époque. La tannerie fait fortune sur les marchés anglais et américain – sa renommée est assurée depuis que ses cuirs ont remporté le Grand prix de l’Exposition universelle de 1889 à Paris.

Très engagé dans la vie politique, il est membre du conseil communal de Lausanne entre 1866 et 1879 et participe à l’élaboration de la Constitution du canton de Vaud.

Grand visionnaire, Jean Jacques Mercier lll continue le travail de son père qui avait commencé à diversifier le business familial dans le commerce de denrées et l’immobilier. Il est fasciné par les nouvelles technologies de la révolution industrielles, il s’intéresse à tout, et particulièrement à la nouveauté qui est en train de changer le monde : le chemin de fer.

Et c’est bien le chemin de fer qui va changer la destinée de la famille Mercier. Jean-Jacques a l’idée et fat la promotion de créer une voie, depuis le Flon jusqu’à Ouchy.
A cette époque, la rivière du Flon a déjà été recouverte dans la partie supérieure, actuellement rue Centrale, suite aux épidémies de choléra de 1832.
La première arche du Grand Pont est elle comblée en 1873, voir la superbe photo ci-dessous.

LE BIG DEAL !

C’est donc à cette période, en 1877, que Jean-Jacques Mercier fait le « Big Deal » de cette fin de siècle à Lausanne : les Mercier financeront la construction du métro et le creusement des tunnels jusqu’à Ouchy, en passant par la gare et en échange de ce lourd investissement, la ville de Lausanne met à disposition, c’est à dire donne, toute la plateforme du Flon, alors encore vouée aux cultures, pour la combler avec les excavations du tunnel et à terme y construire des dépôts pour stocker toutes ces marchandises.
Car c’était bien le but premier du métro : acheminer depuis la gare toutes les marchandises nécessaires à Lausanne. Les wagons montaient donc au centre ville pour y amener leur lots de marchandises, ce système fonctionna jusqu’en 1953.

C’est donc bien depuis 1877 et sous l’impulsion de Jean-Jacques lll, que le métier de base de la famille Mercier bascula : de tanneurs, ils était devenus multi-entrepreneurs et grands propriétaires immobiliers.
Et en plus Jean Jacques Mercier lll était un financier hors pair. il était à la fois banquier de la famille et gros investisseur dans les nouvelles technologies : il est présent par­tout sur le marché naissant international des titres, actions et obligations. Conseillé par des pro­fessionnels du droit et de la finance, il investit dans les compagnies de chemins de fer,dans les entreprises commerciales, dans les assurances.

Il se diversifie également dans le tourisme : En 1884, il achète à l’état le château d’Ouchy, ancienne résidence des évêques dont il ne reste qu’une tour en ruine. Après un réaménagement du terrain, il fait transformer par l’architecte Francis Isoz le château en hôtel, dont les travaux sont achevés en 1893.
À la même époque,en 1984, Francis Isoz construit la maison Mercier au Grand-Chêne, le premier « building » lausannois, superbe édifice en face du Palace actuel.

Et oui, en cette fin de siècle, on peut dire que la famille Mercier, en 160 ans et 4 générations, est devenue la famille la plus puissante de Lausanne et du Canton.

Ce qui, dans un Pays de Vaud qui n’aime pas voir de têtes qui dépassent, amena des problèmes à la famille Mercier, comme nous le verrons dans le prochain épisode, lundi prochain.

Merci pour votre lecture, à lundi

Toto Morand, président My Flon

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