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Photo Gare du Flon, fin du 19è siècle, place de l’Europe actuelle.1877, LE LAUSANNE.OUCHY, PREMIER FUNICULAIRE DE SUISSE !Nous sommes donc dans cette fin du 19e siècle, tout va très vite. Les nouvelles technologies comme le chemin de fer et l’électricité viennent révolutionner la manière de vivre, la démographie de Lausanne explose.Jean-Jacques Mercier-Marcel, Jean Jacques Mercier lll, semble l’avoir compris avant tout le monde. Comme on l’a dit dans le précédent chapitre,grand visionnaire, il détient aussi bien toutes les qualités de l’entrepreneur que du financier. Il va changer à luis seul le destin et la configuration de la ville de Lausanne.Nous sommes donc en 1877, la ligne de métro Lausanne-Ouchy est inaugurée.

Mais revenons 4 années auparavant, en 1873, date de la fondation par Jean-Jacques Mercier de « La compagnie du Lausanne-Ouchy et des eaux de Bret. »Le Lac de Bret.Avant même d’amener son projet devant les autorités de la ville, Jean-Jacques Mercier se soucie du problème de l’eau nécessaire à fournir de l’énergie comme moyen de propulsion.Précurseur dans les nouvelles technologies, J-J Mercier lll veut faire fonctionner son métro par air comprimé obtenu avec des chaudières à vapeur, système révolutionnaire à l’époque, un système d’énergie mécanique par air comprimé avec l’apport précieux de l’eau.

Deux cours d’eau traversent Lausanne, la Louve et le Flon, mais leur volume ne suffiraient pas à satisfaire les besoins.
D’où l’idée de créer un bassin de rétention d’eau au lac de Bret, qui à l’époque’n ‘est qu’un petit étang de 2km2.

Il construit donc un aqueduc depuis le lac de Bret, au nord de Puidoux, soit à quelque 15 km de la ville. Ce lac n’étant alimenté que par l’eau de pluie, il faut détourner la rivière Grenet pour l’alimenter et construire une digue pour empêcher au cours d’eau de sortir et de se verser dans le Léman.
C’est un chantier gigantesque aux difficultés techniques énormes. Le coût final est doublé par rapport au budget.
La surface du marais de Bret a été multipliée par dix, le lac s’étend désormais sur une surface de 21km2.

La création de ce bassin va révolutionner la vie lausannoise :

– C’est l’eau du lac de Bret qui va fournir l’énergie nécessaire pour le percement des tunnels mais surtout pour faire fonctionner la ligne Lausanne Ouchy, sous air comprimé au-début, et par des turbines hydrauliques traditionnelles par la suite.

– C’est l’eau du lac de Bret qui permet aux premières sociétés électriques de s’implanter à Lausanne et de fournir en électricité les premiers immeubles. La Gare du Flon, vu sa proximité des usines, sera le premier bâtiment public à s’éclaire au moyen de l’électricité et non plus au gaz.

– C’est l’eau du lac de Bret qui va simplement permettre à Lausanne de s’approvisionner en eau, pour la consommation comme pour l’artisanat et l’industrie.

Mais tout ça, Jean Jacques Mercier l’avait imaginé depuis longtemps.
De grand entrepreneur avec sa tannerie familiale prospère, il était devenu grand propriétaire avec l’acquisition de la plateforme du Flon, le voilà que maintenant, c’est lui qui allait fournir de l’eau potable, c’est à dire vendre de leau à toute l’agglomération lausannoise.

Un génie du libéralisme et du capitalisme, une grosse longueur d’avance !

Mais tout avait été beaucoup trop vite pour les politiques du Canton de Vaud. Un Canton de Vaud que la révolution industrielle allait sortir d’un paupérisme rampant dans ce 19e siècle, un canton ma foi bien rural, dont les agriculteurs et les vignerons étaient majoritaires.

PEUR DE LA PUISSANCE DES MERCIER

C’est sans doute par leur si grande puissance que la famille Mercier a fait peur à la ville de Lausanne. Une raison qui pourrait expliquer cet épisode incroyable mais symptomatique :

Au milieu des années 1870, une rumeur s’insinue dans le chef-lieu: «L’eau de Bret est mortelle». Les Mercier ont toujours accusé le service communal des eaux d’en être le responsable. Toujours est-il que le chimiste cantonal se rend à Paris pour obtenir l’avis de l’Institut Pasteur. Mais il oublie de se munir d’un échantillon. Jean-Jacques Mercier-Marcel, plus prévoyant, soumet son eau à l’institut, qui la déclare potable. Pourtant, les autorités lausannoises campent sur leur position: malgré l’achat des eaux Mercier (dès 1881) par la commune de Morges et une dizaine de ses voisines, et donc leur approvisionnement en eau potable, il faudra attendre 1957 pour que l’eau de Bret soit admise dans le réseau d’eau potable lausannois !!

Incroyable non ??

Depuis 1957 et le rachat du lac de Bret par le service des eaux à Lausanne, le Lac de Bret est la principale source d’eau potable pour les lausannois.

Donc,on peut le dire, tous en choeur, Merci Jean Jacques

Suite de l’histoire du Flon et de la saga Mercier mercredi.
Merci pour votre lecture

Demain , page spéciale sur notre opposition au plan de quartier de la maison du livre.

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