1002460_410626742389988_618014016_nPhoto : voûtage du Flon dans la plateforme du Flon, vers 1890. L’immeuble sur la photo est l’Entrepôt Fédéral, construit en 1885 où se trouve le bistrot du Flon actuellement, route de Genève 17, un immeuble protégé.

Il faut savoir que le remblaiement de la plateforme du Flon commença dès 1873 pour se terminer vers 1915, soit près de 40 ans de remblaiements.
On remblayait donc petit à petit, puis étaient construits des immeubles temporaires en bois pour attendre que tout se tasse bien, puis des constructions en dur, en ciment et béton.

L’immeuble de l’entrepôt fédéral qui est sur la photo a la particularité qu’il a été construit en prévision des remblaiement, donc avec 3 niveaux de sous-sol.

Puis vinrent deux superbes immeubles qui sont toujours aujourd’hui également protégés, il s’agit « des magasins du LO ».Ces immeubles sont les numéros 19 et 21 de la rue de Genève actuelle.


Les « deux magasins du LO » sont bâtis entre 1894-96 par les architectes Georges Corbaz et Jules Centurier pour la Compagnie du Lausanne-Ouchy. Leur construction en avant du front de comblement facilite la création de trois niveaux en sous-sol, trois autres étages formant la partie émergée traitée dans un style italien.
Leur implantation suit la trame orthogonale du quartier imposée par un système de chariot-transbordeur assurant la distribution des wagons acheminés depuis la gare; quais et marquises témoignent encore de ce dispositif original.
Ses 3 dépôts allaient constituer le nouveau port franc de Lausanne jusque en 1963, année de déménagement à Chavornay.
Non seulement la compagnie de Jean Jacques mercier possédait tous les dépôts aux alentours mais également les immeubles de l’administration du port franc, quel talent !

C’est également dans ces année que J-Jacques Mercier rencontre un typographe venu de Soleure en 1883,en fait un locataire de ses immeubles, qui, en 1890, crée son entreprise dans le Flon, un certain Joseph Bobst, qui fabriquait du matériel pour les imprimeries, Joseph Bobst fondateur de la dynastie Bobst. C’est depuis cette date que les familles Mercier et Bobst restèrent toujours très liées comme on le verra dans un chapitre spécial plus tard.

L’EXIL !!

Nous avons passablement insisté dans les 2 derniers chapitres sur les qualités d’entrepreneur et de financier de Jean-Jacques Mercier lll.
Mais c’était également un grand humaniste, un humaniste érudit qui mettait l’homme et le fruit de son travail avant tout.
Son oeuvre, il la faisait pour le bien de la société, pour améliorer les conditions de vie difficiles de l’époque : amener de l’eau pour la boire ou pour en faire de l’énergie, créer des dépôts indispensables pour la ville de Lausanne et évidemment la construction de la ligne Lausanne Ouchy.

Tout ça il l’avait fait pour le bien commun.
C’est pourquoi l’épisode de la déclaration des eaux du lac de Bret comme non potables par le service des eaux de Lausanne a passablement du troubler Jean-Jacques Mercier, lui qui avait fait tant de bien à Lausanne.

Mais la goutte d’eau qui poussa Jean Jacques Mercier lll à l’exil fut l’impôt progressif introduit en 1885, un impôt destiné à taxer les plus nantis. Lui qui avait tant fait pour Lausanne, tant investi de temps et d’argent, il allait, en tant qu’un des hommes ou l’homme le plus riche de Lausanne, passer à la caisse de façon exagérée.
Jean-Jacques Mercier choisit par défiance l’exil, pour Rome en 1886, et enfin à Nice de 1988 jusqu’à sa mort en 1903.

Peut être ou plutôt c’est sûr que Jean-Jacques Mercier lll ne voyait non plus pas d’un bon oeil un autre impôt instauré en ce milieu de 19e siècle, nouvel impôt vaudois pour les plus grands étrangers fortunés d’Europe qui venaient s’installer sur la riviera : le forfait fiscal !! Un impôt injuste toujours promu et vanté par notre grand argentier du canton actuel…

En tout cas peu d’étude sur les pertes pour Lausanne d’avoir laissé échapper un homme de la trempe de Jean-Jaccques Mercier lll. Combien de projets inachevés, d’investissements non réalisés ? Une grande perte assurément.

Mais l’exil fiscal de J-J Mercier ne signifiait en aucun cas l’arrêt des affaires de la famille. Depuis Nice il continue à diriger les affaires familiales avec son son fils unique qui reprend petit à petit l’ensemble des affaires familiales, du nom de Jean-Jacques Mercier , Jean-Jacque Mercier lV ou Jean Jacques Mercier de Molin.

A suivre vendredi le prochain épisode sur la suite de l’histoire du Flon de la famille Mercier et de Jean-Jacques Mercier IV

Merci pou votre lecture

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