Nous sommes en 1931 (photo), la famille Mercier est toujours aussi puissante à Lausanne.
Malheureusement, le fils aîné de Jean Jacques Mercier IV, promis à reprendre les rennes des affaires familiales, décède tragiquement suite à une chute de cheval au service militaire.
Moins de documentation sur q998918_420107761441886_868033547_nui réellement a mené les affaires familiales par la suite. Il semble que l’entreprise ait été dirigée par les filles de Jean-Jacques Mercier IV et de leurs conjoints respectifs.

Ils continuèrent en tout cas de construire sur la plateforme du Flon de très beaux bâtiments venant remplacer les premières constructions en bois destinées à être détruites, une fois les remblais bien tassés par le temps.

On assiste donc à une construction en damiers de la surface du Flon, que les anciens du reste avaient surnommé « le Little Chicago » en référence à ce style de construction de dépôts en damier dans la célèbre ville américaine.

On voit au premier plan la construction par la famille Mercier du grand immeuble de l’imprimerie centrale, qui imprimait tous les journaux de Lausanne.
Le style de l’immeuble sied parfaitement avec les immeubles de l’Entrepôt fédéral et les immeubles des magasins du LO, trois immeubles construits plus de 30 ans auparavant par la famille Mercier et qui existent toujours, protégés, témoignages du passé de Lausanne.
Ce sont du reste actuellement toujours les plus beaux immeubles de la plateforme du Flon, d’un style et d’une classe indémodables, contrairement aux nouvelles construction, bardées de métal et de verre dans leur socle en béton…

Cet immeuble de l’imprimerie centrale sied également parfaitement avec la tour Bel Air en fin de construction dans cette année 1931.
Contrairement à « l’immeuble de la fnac », à travers duquel passait un ascenseur pour faire descendre les wagons du LEB jusque sur la plateforme du Flon (!!), la tour Bel Air n’est pas l’apanage de la famille Mercier.

La tour Bel Air est majestueuse dans cet ensemble architectural de la plateforme du Flon, elle s’y intègre parfaitement, offrant un des plus beaux paysages urbanistiques de Lausanne, voir le plus beau.

Cependant elle a également ses détracteurs à l’époque, la peur des tours n’est pas nouvelle : Premier gratte-ciel de Suisse, elle est critiquée lors de sa construction à la fois par sa taille, les protestants craignant qu’elle ne dépasse la cathédrale, et d’autre part par son inspiration venant des immeubles de Wall Street, alors considéré comme le centre du krach économique qui s’est déroulé deux ans plus tôt.

Charles Ferdinand Ramuz était également un détracteur de la Tour Métropole, comme on l’appelait auparavant. Voilà ce qu’il disait dans un pamphlet de 15 pages intitulé, Lausanne la ville qui a mal tourné : « «Une tour peut avoir cent mètres et paraître petite; elle peut n’avoir que vingt mètres et paraître grande. La tour en question de quarante mètres (…) m’a paru essentiellement moyenne, c’est-à-dire rien du tout… De sorte qu’elle ne m’a paru qu’un ornement assez prétentieux à une bâtisse elle-même assez prétentieuse.»

Voilà pour la tour

Quant à la famille Mercier, elle continue dans ces années 30 de déployer sa puissance, abritant sur sa plateforme le Port Franc, les entrepôts fédéraux et l’imprimerie Centrale, des activités foisonnantes dans cette première moitié du 20e siècle, des activités primordiales.

Merci pour votre lecture

G. Morand

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