En 1984, après plus d’un siècle d’exploitation de la ligne ferroviaire Lausanne Ouchy, la famille Mercier décida de vendre la ligne à la ville de Lausanne.
Cette vente résulta de plusieurs facteurs : comme nous l’avons vu dans le chapitre précédent, le développement de Sébeillon et la construction de la ligne Sébeillon-Flon mit un terme à l’important trafic de marchandises qui arrivait au Flon via la Gare et la ligne Lausanne Ouchy, le développement simultané du transports de personnes ne pouvant combler le déficit.

En effet, la société du LO, toujours bénéficiaire sur le versant immobilier de son activité rencontre des difficultés d’exploitation croissantes dès le début des années 1970. Entre 1965 et 1975, le trafic annuel se stabilise autour de 7 millions de passagers. Dans les années 1980, le nombre de passagers transportés recule.
Après tractation sur le prix, en 1984, le conseil communal ratifie le rachat en faveur de la Société Métro Lausanne-Ouchy SA, société appartenant à la ville de Lausanne.

En 1985, la Compagnie du Chemin de fer Lausanne-Ouchy de la famille Mercier devient LO Holding Lausanne-Ouchy SA qui reprend les activités immobilières de l’ancienne 552689_426508480801814_1736832867_ncompagnie. Dès lors, la gestion des lignes entre Ouchy et Flon est placée sous la direction unique des TL.

Et quid de la plateforme du Flon dans ces années 80 ?

On peut le voir sur la photo : la place de l’Europe est devenue un vaste parking, les rails ont disparu de la place,
comme ils ont disparu de la voie du Chariot, la voie centrale du quartier où circulait le fameux transbordeur.
La forêt du Flon, au fond à gauche, est elle toujours là, le poumon du Flon, l’unique point de verdure.

Certains entrepreneurs ont quitté le quartier pour des raisons de place, certains dépôts se vident.
Mais la plateforme reste active, les deux principales activités qui occupent le Flon sont d’une part l’imprimerie, avec comme pièce maîtresse, l’immeubles des imprimeries centrales et d’autre part, une activité importante des maraîchers, des grossistes en fruits et légumes, qui occupent de nombreux locaux.
Le bâtiment au premier plan à droite n’existe plus.
Le bâtiment à gauche, Schüller décoration est le magasin pompes funèbres actuel, quant au deuxième bâtiment sur la droite, c’est celui du restaurant Le Nomade.

C’est donc la deuxième grande mutation pour l’entreprise de la famille Mercier.
En 1898, Jean Jacques Mercier lll, avec son fils Jean Pierre Mercier IV, dit Jean Jacques Mercier de Molin, avait décidé d’abandonner le métier de base qui avait fait la fortune de la famille, la tannerie, et de se diversifier dans d’autres activités : exploitation de chemin de fer, immobilier, production d’électricité, distributeur d’eau, exploitation hôtelière avec le Château d’ Ouchy etc…

Près d’un siècle plus tard, c’est la dernière grande mutation de l’entreprise familiale : la compagnie originelle du Lausanne Ouchy et des eaux du Lac de Bret devient la compagnie LO Holding, compagnie purement immobilière, dont la principale mission devient de développer l’immense potentiel de ce vaste quartier en mains privées en plein centre de Lausanne, fait rarissime et unique en Suisse.

Nous rentrons donc dans l’histoire moderne du Flon qui va connaître sa plus grande mutation depuis un siècle, avec de nombreuses péripéties, pour devenir ce qu’il est actuellement

A suivre

Merci pour votre lecture

Guillaume Morand , président My Flon.

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